Irokko en détail

Durée du projet

Une période initiale du projet d’une durée de 30 ans est prévue tant pour les plantations effectuées au Québec que celles au Pérou. Puisque les premières plantations seront effectuées en 2017, la durée du projet couvrira donc la période 2017-2046 inclusivement. Cette période correspond à la période de production de crédits carbone, après quoi le projet veillera au respect du critère de permanence (voir ci-après le respect des critères) permettant de maintenir un couvert d’arbres suffisant dans l’ensemble du projet pour couvrir son affirmation GES, en principe jusqu’en 2116.

Affirmation GES préliminaire du projet

Pour les plantations effectuées au Québec, sur la base d’un taux de croissance ligneuse conservateur (épinette noire) sur stations pauvres et d’un taux de pertes par inversion et fuite de 20%, le total net attendu pour les 200 ha visés (400 000 arbres plantés) après 30 ans de croissance est de 8 000 t CO2eq (voir tableau suivant). Pour les plantations du Pérou, sur la base d’un taux de croissance reconnu prudent pour le pin radiata dans ce pays et d’un taux de pertes par inversion et fuite de 20%, le total net attendu pour les 686 ha visés (600 000 arbres plantés) après 30 ans de croissance est de 504 000 t CO2eq (voir tableau suivant).

Tableau synthèse résumant l’affirmation GES préliminaire du projet Irokko pour des plantations au Québec et au Pérou pour la période 2017-2046.

Après 30 ans, le projet aura absorbé un total net de 512 000 t CO2eq, ce qui correspond à une moyenne de 0,512 t CO2eq par arbre planté dans l’ensemble du projet Irokko.

Respect des critères de la norme ISO 14064-2

Le projet prévoit répondre de manière rigoureuse et vérifiable à l’ensemble des critères reconnus mondialement pour des projets GES selon la norme ISO 14064-2, en l’occurrence les critères d’additionnalité, de prudence, de pertinence, de complétude, de cohérence, d’exactitude et de transparence.

Critère d’additionnalité

Pour le lancement du projet Irokko et en support de la présente affirmation GES préliminaire, il peut être affirmé que les plantations compensatoires du projet respectent d’emblée le critère d’additionnalité – voulant que le projet comprenne des activités qui n’auraient pas eu lieu dans le cours normal des affaires – puisque ces plantations sont prévus strictement dans le cadre du projet Irokko et que celui-ci requiert de manière obligatoire les revenus provenant de la vente de crédits carbone pour pouvoir se réaliser, conformément aux ententes convenues entre le promoteur du projet Irokko et ses collaborateurs de la FQCF et de la SOCODEVI pour exécuter et suivre les plantations à long terme.

Critère de prudence

Le critère de prudence – prévoyant une utilisation constante d’hypothèses, de données et d’approches conservatrices dans la quantification du projet – est déjà au centre de la présente affirmation GES préliminaire (voir section précédente) et restera une valeur centrale dans le Document de projet qui fera l’objet d’une validation prochaine par une tierce partie indépendante. Le respect de ce critère assure les acheteurs de crédits carbone que le projet ne surestime jamais les absorptions réelles de GES occasionnées par les plantations du projet.

Critères de pertinence, de complétude, de cohérence et d’exactitude

Les critères de pertinence, de complétude, de cohérence et d’exactitude – touchant dans l’ensemble la qualité des choix de méthodes, d’hypothèses, des sources-puits-réservoirs (SPR), de données, de facteurs d’émissions et de conversion, d’instruments de mesures – sont des critères référant aux méthodes et approches de quantification des émissions et absorptions du projet et de suivi des plantations, pour lesquelles la description requise sera présentée dans le Document de projet en vue de la validation par une tierce partie indépendante. Il est d’ores et déjà prévu que les SPR qui feront l’objet d’une quantification et d’un suivi en vue d’une vérification des absorptions seront les réservoirs de la biomasse aérienne et souterraine des plantations, tel que largement recommandé dans différents projets de reboisement à l’échelle mondiale. Il est aussi prévu que le projet suivra (en plus des balises de la norme ISO 14064-2) les recommandations du GIEC en matière de projet de changement d’affectation des terres (GIEC 2003), le guide du GHG Protocol pour le secteur forestier, les méthodologies reconnues dans le Mécanisme de développement propre pour les projets de reboisement (notamment la méthodologie AR-AMS0007), ainsi que des documents de projet semblables sanctionnés par le standard VCS.

Critère de transparence

Le critère de transparence guidera également le projet tout au long de sa réalisation, puisque le projet de plantations Irokko fera l’objet d’une validation selon la norme ISO 14064-2 par une tierce partie indépendante et certifiée. Ce critère essentiel à la validation et la vérification de tout projet GES suivant la norme ISO 14064-2, il est convenu que chacune des informations touchant le projet, toutes les données cumulées, chacun des calculs effectués, les approches et méthodologies utilisées seront rendues disponibles de manière rigoureuse, claire et complète aux réviseurs pour qu’ils puissent évaluer la crédibilité et la fiabilité du projet et de son affirmation GES.

Modalités sylvicoles du projet

Les plantations impliquant la SOCODEVI se feront sur 686 ha des terres de producteurs privés situées au Pérou, dans la cordillère des Andes, pour un total d’environ 600 000 arbres plantés (900 arbres par ha). Les espèces envisagées pour la plantation sont le Pin de Monterey (Pinus radiata), le Pin du Mexique (Pinus patula) et l’Eucalyptus commun (Eucalyptus globulus), mais le pin de Monterey risque d’être l’essence privilégiée. Deux éclaircies sont déjà prévues dans l’affirmation GES préliminaire du projet, de manière à fournir des revenus occasionnels supplémentaires aux producteurs impliqués. Des regarnis sont également prévus afin de maintenir un couvert constant d’arbres suite aux différentes éclaircies et au-delà de chacune de la première période de 30 ans du projet. Cette modalité d’éclaircies et de regarnis successives pourra être répétée d’une période de 30 ans à l’autre, de manière à couvrir les absorptions totales prévues après 30 ans par l’affirmation GES du projet.

Les plantations du Québec réalisées par la FQCF visent a priori un total de 200 ha de terres de producteurs privés membres de coopératives de producteurs forestiers, pour un total d’environ 400 000 arbres plantés (2 000 arbres par ha). Les premiers sites envisagés seraient des terres agricoles n’ayant pu être reboisées dans le cadre du programme de la mise en valeur de terres en friches sur terres privées en zone agricole subventionné par le MAPAQ. Suite à la plantation d’arbres à l’été 2017, aucun traitement sylvicole particulier n’est prévu tout au long de la durée initiale du projet de 30 ans, soit jusqu’en 2046. Une fois atteint l’échéance de cette première période d’accréditation, il est envisagé de prévoir des modalités de récoltes partielles d’arbres accompagnées de regarnis, le tout conformément aux ententes à venir avec les propriétaires et qui seront consignées dans le Document de projet. Aussi, ces récoltes ligneuses devront se faire dans le respect du critère de permanence des stocks de carbone, à savoir qu’un couvert forestier suffisant devra en tout temps permettre de respecter l’affirmation GES du projet (voir plus haut) de manière prolongée suivant des termes renouvelables (à négocier avec les propriétaires). Là encore, le Document de projet prévu dans les prochaines années pour validation par une tierce partie indépendante viendra préciser les termes détaillés de gestion du projet Irokko.